La Fédération sénégalaise de lutte a clos le dimanche 6 septembre 2026, à l’Arène nationale de Pikine, une semaine de formation destinée à 60 officiels techniques, administratifs et arbitres, en vue des JOJ Dakar 2026. Les Jeux olympiques de la Jeunesse s’ouvrent le 31 octobre — dans huit semaines. Le Sénégal y alignera 139 athlètes dans 25 disciplines, la plus importante délégation jamais présentée par un pays hôte.
Une semaine à l’Arène nationale
La formation s’est tenue du 30-31 août au 6 septembre à l’Arène nationale de Pikine, dans la banlieue de Dakar — l’enceinte de 20 000 places inaugurée en 2018 pour la lutte traditionnelle, qui accueillera les épreuves de lutte des Jeux.
Placée sous le thème « En route pour les JOJ Dakar 2026 », elle a réuni directeurs techniques régionaux, entraîneurs, officiels et arbitres, sous la direction technique de l’expert ivoirien Vincent Aka ; Seneweb mentionne également une expertise roumaine, sans la nommer. Le directeur technique national, Khalifa Sow, figurait parmi les participants.
« Chers techniciens, vous venez de vous capaciter. Lors des JOJ, répondez présents pour votre pays », a lancé le président de la fédération, Ibrahima « Bira » Sène.
Le pays de la lutte doit apprendre une autre lutte
C’est le point que les comptes rendus mentionnent sans s’y arrêter, et c’est pourtant tout l’objet de la formation.
Les participants ont travaillé sur les exigences d’organisation et d’arbitrage selon les règles d’United World Wrestling, la fédération internationale. Or la lutte olympique — libre et gréco-romaine — et la lutte de plage, au programme des Jeux, n’obéissent pas aux règles de la lutte traditionnelle sénégalaise.
Le Sénégal est le pays africain où la lutte est la discipline reine, avec ses arènes pleines, son économie propre et ses vedettes populaires. Cette lutte-là n’est pas aux Jeux. Le pays hôte doit donc former ses officiels à un sport voisin du sien, dont il ne maîtrise ni le règlement ni les codes d’arbitrage, à huit semaines de l’épreuve.
Selon l’Agence de presse sénégalaise, il s’agit d’une « mise à niveau en perspective des prochaines échéances nationales et internationales ». La session prolonge un premier stage tenu du 31 mars au 4 avril 2026.
Ce que le chiffre de 60 recouvre
Une réserve de méthode. Toutes les sources donnent 60 officiels à la clôture, mais Lutte TV faisait état de « près d’une vingtaine de participants » au lancement. Le chiffre de 60 cumule vraisemblablement plusieurs sessions — celle d’avril et celle de septembre — ou plusieurs groupes. Nous n’avons pas pu le faire préciser par la fédération.
Les dates elles-mêmes divergent : le début est donné au 31 août par PressAfrik, l’APS et Le Soleil, au 30 août par Lutte TV et Seneweb. Plusieurs reprises situent par ailleurs la clôture au « dimanche 6 août » — le 6 août 2026 était un jeudi. C’est bien le 6 septembre.
Huit semaines, et un test qui dépasse la lutte
Ces Jeux sont les premiers organisés sur le continent africain. Le Sénégal en avait obtenu l’attribution en 2018 pour 2022, avant un report de quatre ans négocié avec le Comité international olympique.
Nous avions détaillé les 30 mesures adoptées par l’État à 80 jours de l’ouverture, et la billetterie ouverte sur 964 815 places à partir de 1 000 FCFA — un tarif d’entrée pensé pour que les Jeux soient accessibles aux Sénégalais eux-mêmes.
La formation d’arbitres est, dans cet ensemble, une ligne modeste. Elle est aussi celle où un défaut se voit immédiatement : une compétition mal arbitrée laisse une trace que ni les infrastructures ni la billetterie ne rattrapent. Pour un pays qui accueille les premiers Jeux olympiques africains, l’enjeu de ces huit semaines n’est pas de gagner des médailles — c’est que rien, dans l’organisation, ne donne prise à la critique.
Sources : PressAfrik, 6 septembre 2026 ; Agence de presse sénégalaise ; Le Soleil ; Lutte TV et Seneweb ; Dakar92 et Senego.








