La présidence burkinabè estime que l’essor de ces formations a engendré des comportements jugés excessifs, creusant les clivages sociaux et portant atteinte à la cohésion du pays.
Les autorités militaires au Burkina Faso ont fait savoir, jeudi 29 janvier, leur intention de procéder à la dissolution des partis politiques. Ces formations étaient déjà privées de toute activité depuis l’arrivée au pouvoir des militaires, à la suite du coup d’État de 2022.
Selon la présidence burkinabè, la prolifération des partis politiques aurait favorisé des pratiques jugées déviantes, accentuant les fractures sociales et affaiblissant la cohésion nationale. Cette analyse a été présentée à l’issue d’un conseil des ministres.

Un projet de loi en préparation
Le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a annoncé qu’un texte législatif portant sur la dissolution des partis sera prochainement soumis à l’Assemblée législative de transition. Il a également précisé que les biens des formations concernées devraient être transférés à l’État.
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Pour justifier cette mesure, le ministre a évoqué les conclusions d’un examen approfondi du paysage politique national, mettant en lumière de nombreuses irrégularités dans l’application des règles encadrant les partis et organisations politiques.
Une réforme au nom de l’unité nationale
Les autorités estiment que cette décision vise à consolider l’unité du pays, à renforcer l’efficacité de l’action publique et à ouvrir la voie à une refonte du mode de gouvernance politique. Depuis le putsch du 30 septembre 2022, le deuxième en l’espace de huit mois, les activités partisanes sont suspendues. Sous le régime précédent du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, les partis restaient autorisés à fonctionner, bien que privés de réunions publiques.
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Une transition assumée hors du cadre démocratique
Le pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré revendique une orientation souverainiste, anti-impérialiste et décoloniale, et affirme ne pas s’inscrire dans un modèle démocratique classique. Une charte adoptée en mai lui permet de prolonger son maintien à la tête de l’État pour une durée de cinq ans supplémentaires, marquant une rupture assumée avec les partenaires occidentaux, notamment la France.
Notre Afrik avec AFP








