Sénégal : deux interpellations après les propos de Sonko sur l’homosexualité

L’activiste Bah Diakhaté et le prêcheur Cheikh Ahmed Tidiane Ndao sont accusés de diffusion de fausses nouvelles à l’endroit du premier ministre.

Les deux individus, ont été appréhendés à Dakar pour avoir ciblé le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, au sujet de ses récentes prises de position sur l’homosexualité. C’était lors la visite de l’opposant français de gauche radicale Jean-Luc Mélenchon au Sénégal la semaine dernière.

Ces arrestations ont eu lieu après que les deux hommes ont exprimé publiquement leurs critiques à l’égard de Sonko. Ils sont accusés de propager de fausses informations et d’offenser le chef du gouvernement. Bah Diakhaté, l’activiste, a été arrêté lundi 20 mai 2024 par la Division des enquêtes criminelles (Dic) après avoir diffusé une vidéo dans laquelle il s’en prenait à Sonko suite à ses commentaires sur l’homosexualité jeudi dernier. Quant au prêcheur Cheikh Ahmed Tidiane Ndao, il a été placé en garde à vue mardi 21 mai pour les mêmes raisons.

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La controverse autour de l’homosexualité a ainsi refait surface au Sénégal suite aux déclarations du Premier ministre. Sonko, défenseur du souverainisme et du panafricanisme teintés de considérations sociales et de valeurs traditionnelles, a dénoncé les tentatives des pays occidentaux d’imposer leur vision de la vie et de faire pression pour la légalisation de l’homosexualité, qualifiant cela de “casus belli”. Il a insisté sur le respect des spécificités des sociétés africaines par les pays occidentaux, affirmant que ces sociétés ont leur propre manière de gérer la question de genres, qui n’est pas nouvelle pour elles.

Le couac pour plusieurs est le fait qu’il ait souligné que ces phénomènes ont toujours existé et ont été tolérés, voire acceptés dans certaines circonstances, sans persécution envers les personnes concernées. Des propos que certains cercles religieux, opposants politiques et militants ont critiqué. Ils accusent Sonko d’avoir défendu la tolérance envers l’homosexualité et d’avoir offert une tribune à Mélenchon pour plaider en faveur des minorités sexuelles.

L’homosexualité est largement considérée comme une déviance au Sénégal où la loi réprime d’un emprisonnement d’un à cinq ans les actes dits “contre nature avec un individu de même sexe”.

Tatiana Kuessie avec l’AFP