Afrique du Sud : l’ANC perd la majorité absolue au Parlement

Pour la première fois depuis son accession au pouvoir, ce parti historique n’a recueilli que 159 sièges sur les 400 que compte l’Assemblée Nationale.

Lors des élections législatives du 29 mai dernier, l’African National Congress (ANC), qui détient le pouvoir en Afrique du Sud, voit sa majorité absolue au Parlement diminuer. Les résultats officiels sont annoncés ce dimanche 2 juin par le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Mosotho Moepya. Sur les 400 sièges de l’Assemblée nationale (la chambre basse du Parlement), l’ANC n’a obtenu que 159 sièges. Cet événement représente un moment historique pour l’Afrique du Sud, où l’ANC bénéficie d’une majorité absolue depuis l’élection de Nelson Mandela en 1994. Période qui marque la fin de l’apartheid et l’avènement de la démocratie dans le pays.

Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), a remporté 87 sièges, tandis que le nouveau parti de l’ex-président Jacob Zuma, uMkhonto we Sizwe (MK), s’en sort avec 49 sièges. Selon la Commission électorale indépendante, sur les 27,7 millions d’électeurs inscrits, 16,2 millions ont participé aux législatives. Ce qui représente un taux de participation de 58,6%. Avec la perte de la majorité absolue, l’ANC est contraint de former une coalition avec d’autres partis pour rester au pouvoir et élire un président. « Notre peuple s’est exprimé, que cela nous plaise ou non », affirme le chef d’Etat qui est aussi le président de l’ANC, avant de rajouter : « Nous devons respecter ses choix».

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Suite à l’annonce des résultats officiels des élections législatives, le président sud-africain Cyril Ramaphosa lance un appel à toutes les forces politiques pour “travailler ensemble”. Dans la matinée, l’ANC fait savoir qu’elle entame des pourparlers avec d’autres partis politiques en vue de constituer un gouvernement de coalition. « L’ANC s’engage à former un gouvernement stable et capable de gouverner efficacement », déclare son secrétaire général Fikile Mbalula. Il précise également que le parti va mener des discussions en interne et avec d’autres partis “ces prochains jours”.

L’ANC envisage la possibilité de former une coalition soit avec l’Alliance démocratique (DA), ce qui pourrait apaiser le monde des affaires, soit avec des partis plus à gauche tels que le MK de Zuma ou le Combattants pour la liberté économique (EFF) de Julius Malema. Ces partis ont à leurs têtes les deux anciennes figures de l’ANC ayant quitté le parti. Le MK a affirmé qu’il ne discuterait pas avec l’ANC tant que Cyril Ramaphosa serait à sa tête. Cependant, Mbalula a rejeté cette condition, affirmant « qu’aucun parti ne nous imposera de telles conditions ».

Sonia Feugap avec AFP