Mali : l’opposition accuse les militaires de vouloir s’éterniser au pouvoir

Un collectif de partis et d’organisations de la société civile a dénoncé la perspective de plusieurs années de régime militaire tel que contenu dans les recommandations du dialogue inter-Maliens.

Les parties représentées dans ce collectif dénoncent « la mascarade du dialogue inter-Maliens, initiée par les autorités en place, et rejettent ses recommandations », disent-elles dans un communiqué consulté lundi 13 mai sur les réseaux sociaux et authentifié par l’AFP. Les militaires « veulent s’éterniser au pouvoir en prenant en otage le Mali et les Maliens », dit le communiqué.

Les recommandations refoulées par ces organisations sont celles de faire passer la durée de la période de transition de 2 à 5 ans au Mali tout en autorisant une candidature du chef de cette junte, le colonel Assimi Goïta, à une future présidentielle. Elles font partie des conclusions du « Dialogue inter-Maliens pour la paix » organisé par les militaires, qui s’est achevé vendredi 10 mai 2024. « Les recommandations ne reflètent aucunement la volonté du peuple. Elles n’ont accouché d’aucune initiative malienne de paix malgré l’objectif annoncé », lit-on dans le communiqué signé par certains partis politiques qui notent la mise à l’écart de toute l’opposition. « Les autorités ignorent les difficultés quotidiennes des Maliens confrontés à l’insécurité, à la cherté de la vie, au chômage ou aux coupures d’électricité, et ont démontré leur incapacité notoire à apporter un moindre début de solution », accusent-elles.

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Hier lundi 13 mai, le colonel Assimi Goïta a de nouveau accueilli favorablement ces propositions. « Nous allons prendre des dispositions pour concrétiser les quelques 300 recommandations des Maliens que vous venez de me remettre », dit-il en bambara dans une vidéo postée sur la page Facebook de la présidence. Il a par ailleurs précisé que ces recommandations feront l’objet d’un grand suivi. « Le dénouement heureux de ce processus nous donne de réels espoirs pour la résolution durable du conflit que nous visons depuis plus d’une décennie », a-t-il ajouté. En fait, le Mali est plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire et politique profonde nourrie par le djihadisme, les violences des groupes armés et les revendications indépendantistes au nord.

Le pays a connu un double coup d’Etat militaire en 2020 et 2021, et les colonels qui le dirigent ont manqué à l’engagement pris auprès de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest, d’organiser des élections et de céder la place aux civils élus d’ici le 29 mars 2024. Les autorités ont aussi dissous depuis 2020 un certain nombre d’organisations critiques. Elles ont suspendu en avril les activités des partis.

 

Notre Afrik avec l’AFP