Afrique du sud : l’ex-président Zuma interdit de prendre part aux élections

L’ancien chef d’Etat, âgé de 82 ans, était candidat du mouvement Umkhonto We Sizwe (MK) aux législatives du 29 mai prochain.

La plus haute instance judiciaire d’Afrique du Sud a statué ce lundi 20 mai 2024 à Johannesburg que Jacob Zuma est inéligible en raison de sa condamnation à la prison en 2021, le privant ainsi de participation aux élections du 29 mai. L’ancien président sud-africain était candidat à un siège de député, tête de liste du mouvement Umkhonto We Sizwe (MK, “Lance de la nation” en zoulou).

Cette décision pourrait représenter un tournant historique pour l’Afrique du Sud. Le Congrès national africain (ANC) au pouvoir depuis la fin de l’apartheid risquant de perdre sa majorité absolue au Parlement pour la première fois en 30 ans, ce qui pourrait entraîner la formation d’un gouvernement de coalition. Plus de 27,5 millions de Sud-Africains sont appelés à élire leurs députés, qui choisiront ensuite le prochain président. Les sondages montrent que le nouveau petit parti d’opposition dirigé par Jacob Zuma recueille plus de 8% des intentions de vote, séduisant ainsi les électeurs déçus de l’ANC dans un contexte de chômage endémique et de scandales de corruption impliquant des dirigeants de haut niveau. L’ANC devrait obtenir environ 40% des voix, tandis que la principale formation d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), devrait dépasser les 20%.

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Cependant, sa condamnation en 2021 à quinze mois de prison pour outrage à la justice a suscité des contestations sur son éligibilité, car il avait refusé à plusieurs reprises de comparaître devant une commission d’enquête sur la corruption d’État pendant ses neuf années au pouvoir (2009-2018). Son incarcération en juillet 2021 avait déclenché une vague de violences sans précédent dans le pays, faisant plus de 350 morts. Les membres du MK ont menacé d’aggraver la situation si leur leader était empêché de participer aux élections. Cependant, le président Cyril Ramaphosa a affirmé que les forces de sécurité étaient prêtes à faire face à toute menace.

La Cour constitutionnelle a jugé que la condamnation de Zuma le rendait inéligible, conformément à la Constitution, et que sa peine écourtée n’était pas pertinente. Bien que la Commission électorale puisse théoriquement faire appel de cette décision, cela semble improbable étant donné qu’elle avait saisi la Cour. Le MK a réagi à cette décision en assurant que la victoire était certaine, tandis que Jacob Zuma devrait s’exprimer publiquement dans les prochains jours.

Tatiana Kuessie avec l’AFP